Premier essai, à la fenêtre de chez moi, côté cathédrale, durant le mois d’août
Cette idée vient de l’envie encore une fois de « résumer » un lieu, de l’embrasser dans une dimensions plus à notre échelle.
Pour rentrer dans le concret, il s’agit d’enregistrer l’activité « sonore », la vibration de l’air, à des fréquences qui ne sont plus audibles mais qui sont quand même peut-être des périodes, de récurrences, peut-être même des harmonies. Ainsi on enregistre avec un micro, mais à un taux d’échantillonnage de 80Hz. Selon le théorème de Nyquist, la plus haute fréquence pouvant être représentée est donc 40Hz, donc à mon audition inaudible je crois, en tout cas, je n’arrive pas à la reproduire sur mes haut-parleurs.
Là c’est l’activité de la ville qui formerait des fréquences dans ce spectre inaudible, et peut-être même pas sonore, infrasonore. Le passage des voitures produirait-t-il une fréquence qui n’est pas DC, mais légèrement oscillante, à je ne sais pas 0,37Hz (toutes les 2,720 secondes) ?
Est-ce qu’il y a une fréquence ou ensemble de fréquences qui représenterait le sommeil de la ville, son éveil… l’oscillation d’une activité « bruitante » ?
Est-ce que ce processus n’enregistre pas seulement le bruit électrique ? Mais alors ce bruit électrique n’est-il pas aussi important que ce qui se passe à la fenêtre ? Plus important, ce bruit « propre » (self noise) sonne-t-il plus dans ce processus d’enregistrement que l’activité extérieure, le paysage ?
En tout cas, on aura pris soin de filtrer assez radicalement les fréquences supérieures à la fréquence de Nyquist (SR/2), soit 40Hz et au-delà.
[Courbe de réponse du filtre en entrée (filtre anti-repli du spectre (eng: anti-foldover filter) }
La finalité de cet enregistrement est d’être reproduit à un taux plus élevé pour transposer ces fréquences inaudibles dans le spectre audible. Par conséquent, ce signal « sous-échantillonné » est reproduit à 44100Hz (norme CD). Ainsi le signal le plus haut enregistré (40 Hz en théorie) est transposé à 22 050 Hz (humainement inaudible), et 20Hz à 11 025Hz.
Et 100Hz entendu correspondent à une fréquence enregistrée de 0,184058Hz soit une période de 5,5125 secondes.
[Tableau de correspondance spectre enregistré/spectre reproduit sur une échelle logarithmique]
(Hz) -> période
40 = 13,7 sec
80 = 6,9 sec160 = 3,4 sec
320 = 1,7 sec
640 = 861 ms
1k2 = 430 ms
2k5 = 215 ms
5k1 = 108 ms (9,3Hz)
10k = 54ms (18Hz)
Chose amusante c’est qu’à ce taux de transposition, 80Hz reproduits à 44100Hz, les 80 minutes d’un CD représentent 44100 minutes d’enregistrement, soit 30 jours et 15 heures.
Il faudrait faire l’essai avec des signaux test, par exemple un bruit blanc avec très lent LFO sur l’amplitude (par exemple 100/551,25 Hz, comme on disait, une période d’environ 5 secondes). Voir si cette variation d’amplitude produit bien une relative sinusoïde à faible taux d’échantillonnage.